Un génie touche-à-tout



Benny GolsonNé à Philadelphie en 1929, Benny Golson baigne dans le jazz depuis son enfance. Très jeune, il se lie d’amitié avec Jimmy Heath, Red Rodney, Philly Joe Jones, John Coltrane

C’est Arnett Cobb, premier saxophone ténor dans l’orchestre de Lionel Hampton, qui lui donne envie de devenir musicien professionnel. Après ses études à la prestigieuse Howard University, Benny Golson fait ses premiers pas dans l’orchestre de Bull Moose Jackson en 1951. C’est là qu’il rencontre le pianiste Tadd Dameron, un véritable mentor qui l’engage en 1953.

« J’ai beaucoup appris de Tadd Dameron sur la composition. J’en étais fan, et je jouais tous les soirs avec ce monsieur que j’admirais. Alors, le jeune fou que j’étais harcelait Tadd avec des millions de questions. Il y répondait avec bienveillance. Il m’a vraiment beaucoup aidé à mes débuts. »

JazztetIl rejoint ensuite les groupes de Lionel Hampton, Johnny Hodges, Earl Bostic, Dizzy Gillespie tout en développant ses talents de compositeurs. Sa carrière prend un véritable tournant en 1958 lorsqu’il devient l’un des pilliers des Jazz Messengers, le groupe d’Art Blakey. De 1959 à 1962, il co-dirige également le Jazztet avec le trompettiste Art Farmer.

On doit à Benny de nombreux standards du jazz : Whisper Not (1956), I remember Clifford (1957), Blue March (1958), Along Came Betty (1958), Killer Joe (1960)…

Véritable touche-à-tout, en quête permanente de nouveaux défis et projets, il compose également pour la télévision et le cinéma, s’investit dans l’enseignement… et interprète même son propre rôle dans le film Le Terminal de Steven Spielberg. Le personnage principal du film poursuit la collection d’autographes de son père, un passionné de jazz dont l’objectif était d’obtenir la signature de tous les musiciens présents sur la célèbre photographie “A Great Day in Harlem”. Il ne lui reste plus qu’à obtenir celle de Benny…

A Great Day in Harlem
"A Great Day in Harlem" par Art Kane (Benny Golson, en haut à gauche)

À l’époque où la photo a été prise, en 1958, Benny Golson jouait avec Dizzy Gillespie et n’avait pas encore atteint le statut de star. « Quand je suis arrivé, il y avait tous mes héros et je me suis dit : "Qu'est-ce que je fais ici ?" Personne ne savait qui était ce foutu Benny Golson ! ». Benny Golson est aujourd’hui l’un des deux derniers survivants de cette photo, avec Sonny Rollins. L'un des derniers représentants de cet âge d'or du jazz…
 

Une relation de confiance et d'amitié



Jérome Selmer, Président de la Maison Henri SELMER Paris, est très proche de Benny Golson. Il témoigne d'une grande admiration pour la carrière et l'enthousiasme débordant de l'artiste : « Même à l’âge qu’il a, il a toujours envie. Envie de construire, de faire des choses… Il est toujours très disponible, très à l’écoute, toujours prêt à donner un avis sur un nouvel instrument ! ».

Benny Golson et Christohe Grèzes
Benny Golson et Christophe Grèzes au Showroom Henri SELMER Paris

Ce qui marque tous ceux qui le connaissent chez Henri SELMER Paris, c’est aussi sa gentillesse, son humilité, son humanité. « Benny est une personne exceptionnelle, il a le coeur sur la main, on a un lien très affectif » témoigne Christophe Grèzes, chef produit becs.

Benny Golson et Jérôme Selmer« Dès la première rencontre j’ai été subjugué par la gentillesse et l’écoute de ce musicien » confie Jérôme Selmer. « Au départ il ne me connaissait pas. Il essayait un instrument, je me suis assis à côté de lui et j’ai commencé à lui donner mon avis, partager. Il a bien vu que j’avais l’oreille alors on a discuté, ça a créé un lien. Depuis, quand il vient essayer, il veut toujours qu’on soit avec lui pour échanger ! »

Jouant uniquement sur des saxophones Henri SELMER Paris, Benny Golson possède un attachement très fort à notre Maison et une reconnaissance qui semble infinie :

« Il n'existe pas de mots qui décrivent vraiment et complètement mon bonheur psychologique lorsque je me produis, grâce à SELMER - mon éternel guerrier de l’ombre. Ma vie musicale est dédiée à SELMER. Ils ont fait de ma vie un délice sensationnel. »
 

Lorsqu’on lui demande ce que signifie SELMER pour lui, il évoque une relation de confiance avant tout.

« J'ai découvert SELMER lorsqu’eux ne me connaissaient pas encore. J’ai d'abord rencontré Patrick Selmer, puis plus tard Jérôme. Cette relation a changé radicalement ma vie. J’ai eu honnêtement le sentiment de faire partie d'une famille qui avait toujours le temps d'écouter mes soucis et de répondre à mes questions. Cette relation était peu commune et inestimable. J'étais là, tenant dans mes mains le meilleur saxophone du monde... C'était un nouveau monde qui s'ouvrait à moi. SELMER m'a aidé à grandir. Même après que je suis devenu un professionnel. »


Benny GolsonAprès avoir reçu en 1995 le NEA Jazz Masters Award de la National Endowment for the Arts, Benny Golson a été intronisé en 2009 à l'International Academy of Jazz Hall of Fame, puis en 2018 au DownBeat Hall of Fame. Aujourd’hui âgé de 91 ans, Benny Golson est celui qui, avec une poignée d’autres géants, a marqué l'histoire du jazz et ouvert la voie à des milliers de musiciens à travers le monde.

Merci Benny. Merci pour ta confiance, ton humour, ton enthousiasme communicatif, et surtout pour ton immense contribution à l’histoire de la musique.