La chaudronnerie

La chaudronnerie regroupe l’ensemble des opérations qui permettent de fabriquer le tube acoustique de l’instrument : mise en forme, étirage, brasure, recuit, gonflage, bufflage.

chaudronnerie - étirage des cheminéesLe corps est fabriqué à partir d’une feuille de laiton de 6 ou 7/10e de millimètre d’épaisseur, découpée en forme de trapèze. La feuille est roulée, soudée et étirée sur un mandrin de forme conique. Le corps est alors percé de trous oblongs, à partir desquels les cheminées sont étirées, une technologie mise en oeuvre par Selmer Paris dès 1922. Toutes les opérations de mise en forme du laiton nécessitent le recours à plusieurs recuits dans le cycle de fabrication. Cette technique permet d’éliminer les contraintes créées dans le métal et de retrouver un état favorable à de nouvelles déformations.

La culasse est emboutie en deux demi-coquilles, assemblées ensuite par brasure. Elle est mise à cote définitive par gonflage hydraulique : dans la pièce insérée dans une matrice, on injecte un liquide sous haute pression qui donne à la pièce ses cotes définitives. Les cheminées sont ensuite étirées suivant le même procédé que le corps.

Pour le pavillon, il existe deux types de fabrication :

  • Les deux moitiés gauche/droite du pavillon sont embouties comme pour la culasse, puis soudées sous argon, un procédé qui permet de conserver l’homogénéité du métal, et donc de l’acoustique. Cette technique est utilisée pour les pavillons de saxophone alto et ténor.
  • Pour les tailles plus importantes comme le baryton, le pavillon est chaudronné manuellement d’une seule pièce, puis brasé.

chaudronnerie - pavillonUne fois les pavillons préformés, ils sont ajustés et étirés sur des mandrins de forme, afin de leur conférer leurs cotes définitives. Le bordage consiste à sertir un fil de laiton sur le bord supérieur du pavillon pour renforcer l’évasé et lui permettre de vibrer. La matière utilisée pour le jonc peut également avoir une incidence acoustique. En fin de cycle chaudronnerie, les pièces subissent un pré-polissage à la bande, le bufflage, qui permet de préparer la surface.

Le bocal, fabriqué comme le corps, est cintré à la glace et gonflé hydrauliquement.

 

Les opérations de mécanique

opération de mécaniqueLes pièces primaires constituant le clétage (pointes, ronds, haricots, cadences...) et les autres éléments rapportés sur le saxophone (boules, anneau d’entre-deux, anneau de cordon, renfort de culasse) sont usinés. Ces composants passent tour à tour, selon leur configuration, par des opérations de découpage, de perçage, de biseautage, d’estampage, de fraisage, etc. Les boules et la visserie sont réalisées en décolletage sur des machines à commande numérique. Les patins sont découpés et cambrés sur presse. Toutes ces pièces sont rigoureusement contrôlées et stockées dans un magasin « Pièces Détachées ».

 

La fabrication des sous-ensembles

sous-ensemblesLes boules sont positionnées sur les patins par pointage électrique, puis soudées à l’argent pour une fixation définitive.

Les différentes pièces primaires sont soudées par brasure à l’argent sur des montages de positionnement ; après contrôle, elles sont stockées au magasin « Sous-Ensembles ».

 

Le factage

factageLe factage consiste à fixer sur les parties chaudronnées (bocal, corps, culasse et pavillon), les patins qui supportent le clétage et les accessoires (écusson, chevalet, platine de support pouce, tenon...). Ces éléments sont prépositionnés sur le tube grâce à des montages adaptés. Pointés électriquement, ils sont ensuite soudés. Afin de retirer les excédents éventuels de soudure, l’ensemble est passé dans un bain de désétamage, complété par un grattage manuel.

 

Le finissage

L’ensemble des clés est mis à longueur et ajusté sur le bocal, le corps et le pavillon de l’instrument.

contrôle du bouchageLe corps et l’ensemble pavillon/culasse sont assemblés à l’aide de la virole démontable (corps/culasse) et de l’anneau d’entre-deux (corps/pavillon). Le clétage est définitivement monté sur l’instrument : pour chaque clé, réglée individuellement, on procède à un contrôle du bouchage : une lampe, introduite à l’intérieur de la perce, permet de détecter les fuites éventuelles entre le tampon et la section de la cheminée. Enfin, le bocal est appairé à l’instrument.

 

La gravure

gravure sur saxophoneDepuis les premiers modèles, Selmer Paris a toujours accordé une attention particulière à l’esthétique de ses gravures. C’est un métier à part entière au sein des ateliers Henri SELMER Paris, un art très délicat qui requiert habileté et expérience, d’autant plus que cette étape intervient en fin de process de fabrication. Le geste doit être à la fois sûr et mesuré pour prendre en compte la finesse de la matière dans la partie évasée du pavillon. Après avoir dessiné au crayon gras le motif sur le pavillon, le graveur en cisèle tout d’abord les contours avec un ciseau à gravure très fin (0,5 mm de large). Il utilise ensuite quatre ou cinq outils différents, plus larges, pour créer ombres et reliefs. Tout un art préservé au fil du temps…

 

Chaque instrument est essayé en fin de cycle de fabrication ; des séquences de contrôle précises permettent de vérifier la bonne conformité de la qualité, en termes d’aspect, de fonctionnement mécanique et d’acoustique. Ces essais sont effectués en cabine insonorisée par des techniciens spécialisés.

Cette fabrication artisanale, traditionnelle et unique, couplée à la capacité d'innovation et à l'utilisation de technologies de pointe, sont les fers de lance de la réputation internationale des instruments Henri SELMER Paris.

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Crédit photo : ©  Henri SELMER Paris / Loïc Guilpain