Né dans le jazz


« Je suis né dans le jazz, je n'ai pas eu le choix que d'écouter que du jazz toute ma vie, toute mon  enfance. Et du coup, avec des références de saxophonistes incroyables : Cannonball, Coltrane, Parker et compagnie. Et le déclenchement, ça a été un saxophoniste anglais qui s'appelle Peter King. Je n'allais pas voir beaucoup de concerts en Bretagne et Peter King venait souvent jouer en Bretagne. Et c'est en le voyant, justement, en côtoyant ce saxophoniste de proximité, c'était le déclenchement. Je me suis dit : c'est ça qu'il faut que je fasse. Et bizarrement, je ne joue pas du tout comme Peter King, je n'ai pas du tout le même son que Peter King, et je ne cherche pas à avoir le même son que Peter King. Bizarrement, je suis plus parti vers notre ami Steve Coleman qui est dans autre chose, même si quelque part, on vient tous de Charlie Parker, peut-être, à un moment.»
 

Ça, je crois que j'ai réussi


« On cherche tous à un moment à avoir sa personnalité, son son, à ce qu'on soit identifiable. Et je pense que je n'ai pas forcément réussi énormément de choses dans ma vie, mais ça je crois que j'ai réussi, c'est à dire que j'ai mon son, on m'aime ou on ne m'aime pas, mais au moins on sait quand c'est moi qui joue et c'est justement ce que j'ai aimé dans Peter King, ce que j'ai aimé dans Steve Coleman et dans d'autres, c'est que vraiment on les reconnaît. Ils ont vraiment quelque chose à eux, après, on adhère ou on n'adhère pas.»
 

Un bec métal et un anche plastique


« En fait, mon son est un peu lié à mon matériel, c'est ça qui est terrible. C'est un tout, évidemment, mais le fait de jouer, un bec métal avec une anche plastique, ce n'est pas quelque chose de très commun. Ça part tout de suite dans un son qui est très nasillard. Là, j'ai trouvé je pense, avec ce matériel-là, et maintenant le 'Supreme' qui marche bien, qui s'accorde bien, donc je suis bien content, j'ai trouvé quelque chose qui marche. Il ne faut pas que je perde mon bec parce que si je perds mon bec, je pense que je n'aurai plus du tout le même son. Malheureusement, on dit souvent que c'est pas le matériel qui fait la personne mais ça joue un peu en fait. Et pourtant, je prône complètement l'inverse : je dis toujours que le matériel, on s'en fout en fait, ce qui est important, c'est le son de la personne. Et quelque part, c'est vrai, on joue ce qu'on est en fait, même si on essaie de copier nos pairs, on cherche... Certains cherchent, d'autres cherchent un peu moins et ont plus envie de vraiment de suivre la voie des grands, on va dire, de nos références…»

 

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